Séances 2020

Le mot de la Présidente :

Chers sociétaires,

L’année 2020 ne nous a guère épargnés ! Le deuxième confinement ne nous a pas permis de tenir la séance de novembre et nous oblige à annuler celle de décembre à Dole. Heureusement, nous nous sommes vus le 17 octobre à Poligny, contents de nous reconnaître,  même masqués!

Nous espérons vivement que les fêtes de fin d’année ne se termineront pas par un troisième confinement et que la séance de janvier pourra se tenir. Croisons les doigts pour que cela puisse !

Ce sera alors un bonheur de nous retrouver, et après les conférences prévues- que nous ne manquerons pas vous rappeler – de nous réconforter ensemble autour d’une galette et d’un chocolat chaud…

À l’approche de Noël, je vous souhaite le meilleur pour vous, pour tous les vôtres et ceux que vous aimez.

                                                               Annie Gay

La séance du 21 novembre 2020 ne pouvant se tenir, la Société vous propose le résumé par les deux conférencières de leurs sujets, en attendant une séance en « présentiel » !

Une société mutuelle d’assurances contre l’incendie au XIX siècle, « Le Jura », 1873-1936 par Annie Gay

Les « Caisses de Secours » contre l’incendie, diocésaines notamment, disparaissent pour la plupart en France à la Révolution.

Le mouvement reprend sous la Restauration (1815-1830). La progression des sociétés mutuelles reste néanmoins assez lente, comparée à celle des compagnies d’assurances de type capitaliste, la plupart parisiennes – la compagnie « Le Phénix » (1819), la « Compagnie du Soleil » (1829)…

La lenteur de l’essor des mutuelles s’explique vraisemblablement par l’absence d’un cadre juridique approprié, clarifié seulement par la loi de 1867  autorisant l’existence d’une société mutuelle – société de personnes – à condition qu’elle opère sous la garantie d’une société de capitaux ; un système de réassurances pour garantir aux sociétaires une sécurité absolue.

C’est dans ce contexte que paraît le mercredi 29 octobre 1873, dans  La Sentinelle du Jura, l’annonce de la constitution de la société « Le Jura », mutuelle d’assurances contre l’incendie, la foudre,l’explosion du gaz etdes appareils à vapeur.

Les membres fondateurs du « Jura » appartiennent à l’élite provinciale de l’époque : des notables nantis, propriétaires, notaires, hommes d’affaires, maires, conseillers généraux, juges aux tribunaux de commerce …

Dans les années 1890, l’expansion du « Jura » dans le monde rural va de pair avec le développement du syndicalisme et du crédit mutuel agricoles, dont les fondateurs sont aussi administrateurs  du « Jura » – Alfred Bouvet, maire de Salins, Louis Milcent, maire de Vaux-sur-Poligny, le marquis de Froissard de Bersaillin et autres…En 1902, ces mêmes notables fondent une société anonyme par actions pour garantir eux-mêmes leur mutuelle incendie.

Cohabitent alors « Jura Incendie » et « Jura Garantie » : un couple « fusionnel »  pour donner à leurs sociétaires et actionnaires une sécurité absolue, et doter leur mutuelle d’un important patrimoine…

La nouvelle stature du peintre jurassien Claude François Michaud (Foncine-le-Haut, 1800-Besançon, 1879) par Sylvie de Vesvrotte

C’est au projet stimulant de redonner une envergure et tout simplement une existence légitime à un nouveau peintre du Jura, que cette recherche a aspiré.

Claude-François-Joseph Michaud ouvre le XIXe siècle par sa naissance à Foncine-Le-haut le 1er janvier 1800. Il décèdera à Besançon le 29 octobre 1879.

C’est un artiste qui suit une formation académique, couronnée de succès à l’École spéciale de peinture, sculpture et architecture de Dijon, sous la direction d’Anatole Devosge. Son parcours entre 1822 et 1827 est attesté par les prix dont il est lauréat. Par la suite, il est passé par l’atelier parisien du peintre d’histoire Louis Hersent (1777-1860), comme il tint à le rappeler dans le livret de l’exposition universelle de Besançon.

Après quelques années passées à Dijon, il regagne le Haut-Doubs (Chaux-Neuve) et, célibataire, s’intègre dans le cercle familial de sa sœur Marie-Josèphe (1804-1884), épouse de l’horloger Marie-Désiré-Basile Comte (1813-1894), fixé à Arbois puis à Besançon.

Son œuvre identifiée est partielle et a toute chance de s’étoffer probablement entre le Jura, le Doubs et la Haute-Saône. Elle se constitue de tableaux religieux, de portraits, mais l’on sait également que C-F.-J. Michaud pratique le paysage et la peinture animalière, dont les expositions de la Société des Arts de Besançon se font écho entre 1862 et 1877.

Cependant Claude-François-Joseph Michaud n’a pas mené la carrière en Franche-Comté à laquelle il pouvait prétendre par son talent.

S’il n’a pas « essaimé » dans nombre de paroisses comme le fit par exemple le peintre Xavier Bourges – son contemporain -, c’est probablement parce qu’il n’est pas soutenu par un réseau solide et pratiquant l’évergétisme. Il se heurte aussi dans les années 1830-1860, aux nouvelles pratiques de commande de l’équipement mobilier des églises fraichement construites et fournies « clés en main » aux communes. Certains entrepreneurs ou architectes proposent jusqu’aux tableaux qui vont garnir les autels, sous-traités à des artistes plus ou moins compétents, et qui ne les signent pas.

Parmi les belles réussites de Michaud, deux tableaux pour l’église de Prénovel peints en 1829 représentant la Remise du rosaire et Saint Augustin écrivant sous la dictée de l’ange. Peintures en pleine pâte, inspirées, aux expressions vraies et à la gamme de tons chauds, contrastés. Citons aussi un impressionnant Saint Martin protégeant la ville de Quingey, de 1840. Au premier regard, le tableau est étonnant par l’archaïsme de sa composition, mais la figure sacrée acquiert ainsi une force impressionnante contenue toute entière dans son regard singulier.

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