Année en cours

NOTES de lecture par Jean Michel Bonjean de janvier 2022

Les ouvrages reçus à titre de l’échange ou offerts à la Société sont consultables à la Médiathèque intercommunale des Cordeliers à Lons-le-Saunier.

Parmi les publications jurassiennes de nos membres, celle de Jérôme Avenet-Mangin, La mesnie vigneronne de la baronnie du Pin contient, certes dans un texte riche en compilations dont on aimerait que les références soient toujours précisées, des renseignements loin d’être toujours dépourvus d’intérêt, dont la maison de famille de l’auteur est le prétexte.

M.Ahmed Youssef, de l’Institut d’Égypte, vient de publier sous le titre Le capitaine Bouchard, cet inconnu qui a découvert la pierre de Rosette, L’Harmattan, 2021, le texte enrichi de la conférence qu’il avait tenue dans le Jura l’été dernier autour de la mémoire de ce Bouchard, natif d’Orgelet, qui avait participé à l’équipe de savants accompagnant l’armée française lors de la campagne d’Égypte. A la suite de son texte, l’auteur a l’excellente idée de publier l’intégralité du « Journal de guerre » de ce même Bouchard, centré sur l’épisode de la chute d’El-Arich et accompagné des nombreux commentaires contemporains nombreux dont cet événement aux fortes conséquences fit l’objet.

Au-delà des présentations qui pourront irriter, parfois à juste titre, le lecteur de ces deux derniers ouvrages, on ne saurait négliger les informations qu’on peut y découvrir. Si on ne trouve guère de renseignements nouveaux sur l’Orgeletain, l’ouvrage de M. Youssef apporte une indiscutable ouverture sur la « grande histoire », rappelant l’épisode d’une défaite militaire française en Égypte qui faillit ruiner l’ambition d’un Bonaparte déjà rentré en France. Quant à la publication de notre collègue Avenet, elle a la vertu de faire découvrir d’une part un type de belle maison rurale rarement présenté et publié, d’autre part l’ancrage territorial d’une branche de ces Trouillot (ceux du Pin) dans la sociologie lédonienne où on les suit pendant deux siècles, y compris à la Société d’émulation du Jura (voir à ce nom dans la liste du CTHS).

Dans Les Carnets de Guillaume, édités par Culture et mémoire au Pays de Saint-Amour, n° 2020-2021, des choses variées et de qualité : la présentation dans le bourg des emplacements successifs des établissements hospitaliers d’Ancien Régime avec un rappel historique, une promenade dans les rues qui conservent, parfois en place, des inscriptions et décors lapidaires gravés, une fort heureuse mise au point sur la personnalité de Pierre-Marie Prost, un statuaire lyonnais originaire de Saint-Amour, qui a laissé de remarquables œuvres, en particulier au cimetière de Loyasse à Lyon. Tout ceci fort bien documenté. On ne négligera pas non plus l’article traitant d’une ancienne construction de pierres non liées, dite la « Capette aux ânes », une de ces constructions rurales modestes, actuellement détruite, mais pour l’usage de laquelle une hypothèse fort séduisante est avancée. Beaucoup d’illustrations, des biographies, des souvenirs locaux sont aussi à découvrir dans cette publication.

Avec le dernier ouvrage de Rémy Gaudillier, Marie-Louise Gagneur, Étienne Lamy, préfacé par notre présidente, deux figures de Jurassiens notables du XIXe siècle voient préciser leurs personnalités et leurs activités. Ce sont aussi indiscutablement deux individus engagés dans l’histoire sociale et particulièrement hors-norme qu’a choisis l’auteur. Si la première avait déjà fait l’objet de publications, le second personnage a peu marqué jusqu’ici les recherches historiques même si son nom est loin d’être inconnu. De nombreuses citations éclairent les idées qui ont motivé le combat d’Étienne Lamy et son parcours politique dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas toujours été marqué par le succès. La grande idée des mouvements associatifs forme le trait d’union entre ces deux républicains aux orientations divergentes.

Il semble intéressant de signaler les pages consacrées à « L’affaire de la piscine de Saint-Claude », en 1964, par Dominique Chathuant dans son ouvrage Nous qui ne cultivons pas le préjugé de race (éd. du Félin), lorsqu’un règlement municipal ségrégationniste du maire Jaillon, exigeant de ses administrés d’origine algérienne de Saint-Claude un certificat médical particulier, a un retentissement international. Cet épisode jurassien permet à l’auteur de replacer l’importance de la couleur de peau et de l’origine étrangère dans la perception du racisme en France.

En mettant à la disposition du public, dans un travail fort utile, deux opuscules, sous les titres respectifs de  Lettres de Philibert Girarde, et Lettres de Pierre-Ponthus Vitrier, édités à Saint-Aubin,Marie-Odile Bougaud permet au lecteur de disposer de documents originaux montrant bien ce que furent les préoccupations de deux curés de Saint-Aubin, l’un avant la Révolution, contraint de gérer l’économie d’une église entre ses paroissiens et le prieuré dont elle dépend, l’autre sous l’Empire et la Restauration, avec les responsabilités et la surveillance diocésaine administrative et spirituelle d’une église en voie de mutation.

Patrimoine Polinois n°36, 2021, traite de différents sujets le plus souvent spécifiques à Poligny (L’hôtel-Dieu de Poligny, ses phases de construction et son mobilier ; les plaques signalétiques de la ville ; une présentation des artisans du XVIIIe siècle ; la poterie Casile, début du XXe siècle ; la congrégation du Saint-Esprit ; l’animation publique vers 1920). Mais sont aussi abordés les sujets élargis que sont la Guerre de 1870-71, avec une belle présentation des monuments commémoratifs de cette guerre, la présentation de la loi de 1901 sur la liberté d’association et un article concernant le laurier, source d’inspiration. Enfin, très proches de Poligny, le village de Tourmont est présent, avec la curieuse histoire des deux fromageries et des deux monuments aux morts de 14-18 ainsi que celui de Blois-sur-Seille avec son téléphérique de service de lait.

De nombreuses informations sont à découvrir dans l’épais et, à vrai dire, assez touffu volume de Barbizier n° 47, 2021 : des biographies d’Haut-saônois côtoient des chroniques judiciaires (violences paysannes), médicales (autour des épidémies et du choléra), agricoles, électorales (le docteur Paul Mathey) ou d’architecture (clochers, fermes) ; l’église catholique, ses manifestations et son personnel sont très présents. Tout un travail remarquable est présenté autour de Louis Pergaud et la photographie. Une notice concerne le Jura et les claies à vin de paille de Menétru-le-Vignoble.

La publication de la Société d’émulation du Doubs, n° 62, 2020, Histoire et patrimoine en Franche-Comté 2020, présente une mise au point sur les recherches antérieures concernant la peste en Franche-Comté vers 1400, une étude neuve autour de la politique de Charles Quint et de ses représentants en Franche-Comté, présentée en parallèle avec les cadeaux diplomatiques offerts à Granvelle, et la publication du traité de possession de Besançon par le roi d’Espagne de 1664 replacé avec clarté dans son époque. Parmi les autres articles, le lecteur notera, outre une biographie toujours utile du peintre Émile Isenbart, une étude historique bienvenue mettant à jour ce que fut, à Besançon, le devenir des prisonniers de guerre de l’armée allemande entre 1944 et 1948. De longues pages traduisent des réflexions sur l’industrialisation à Besançon au XXe siècle, sur la place du couloir Rhône-Rhin dans l’économie locale et sur la nocivité des éoliennes.

Le Bulletin de la Société Belfortaine d’émulation, n°111-2020 évoque parmi ses nombreux articles, un document concernant la communauté juive de Foussemagne en 1788, Delle et son clergé constitutionnel, des précisions sur le déroulé parisien de la révolution de février 1848 et l’histoire d’un petit séminaire à Lachapelle-sous-Rougemont entre1818 et 1869, avec un index des noms des professeurs. Un gros dossier, fort bien illustré, s’attache aux événements militaires et civils belfortains de 1870-71 et donne l’occasion d’un inventaire des photographes locaux de cette période. Deux textes présentent l’un, le peintre Timothée Hacquard, l’autre un inventaire des filigranes du territoire.

L’Académie de Besançon, Procès-verbaux et Mémoires, livre son volume 205, 2019-2020. Un utile rappel académique concerne des choses aussi variées que le clairon de l’armistice de 1918, la biographie de l’importante Suzanne Belpéron, née Vuillerme à Saint-Claude, étudiante à Besançon, au parcours impeccable de grande dame de la joaillerie française et celle du peintre Jules-Emile Zingg au sein d’autres articles scientifiques, médicaux ou géographiques.

Haute-Saône SALSA n° 114, mai-août 2021, présente une réflexion documentée sur « le Pays des mille étangs » et l’usage des étangs de cette partie de la Haute-Saône au cours des temps, et des articles de démographie (Broye-lès-Pesmes et la Guerre de dix ans, une courte présentation de la bourgeoisie sous l’Ancien Régime à Pesmes, la biographie d’Henri Poincaré, ingénieur à Ronchamp). La chronologie du rétablissement des liens, au milieu du XXe siècle, entre les habitants de Champlitte et les descendants de ceux qui émigrèrent au Mexique au XIXe siècle donne l’occasion d’une belle publication, précise et originale.  

Les Nouvelles Annales de l’Ain 2021(Société d’émulation de l’Ain) publient leur volume annuel. Les auteurs y présentent des sujets très locaux : alimentation en eau du château médiéval de Jasseron, la place du poète du XVIe siècle Claude Mermet parmi les Mermet de Saint-Rambert, un survol des moines antonins en Bresse, le rappel de la gloire de Marie-Emilie de Joly de Chouin, maîtresse et peut-être épouse du Dauphin, une brève réflexion concernant J.-J. Rousseau dans l’actuel département de l’Ain sont tour-à-tour abordés, comme la présentation de la maïeutique à Bourg-en-Bresse. Une étude conséquente de la personnalité et de la carrière du docteur Récamier, originaire de l’Ain, qui participa à Paris à la modernisation universitaire de la médecine après la Révolution est suivie de la présentation des réactions de l’administration burgienne lors de deux épisodes politiques : le passage de la duchesse de Berry à Nantes et le mouvement insurrectionnel de 1832. Enfin, le volume est riche d’une présentation toujours utile des apports possibles de l’étude de la microtoponymie.

Parmi les nombreux articles publiés dans la livraison des Mémoires de la Société d’émulation de Cambrai, t. 117, 2020, on retiendra une belle étude concernant la prostitution à Cambrai au XVe siècle, remarquablement documentée, mais aussi la présentation de l’organisation sociale des mulquiniers, au métier spécifique du travail de la toile de lin. Cette activité locale était une spécialité locale. D’autres articles traitent d’aspects divers de l’histoire du Cambrésis : diligences et trajets, Fénelon prélat local, musique qui comporte des noms célèbres -entre autres, les maîtres de chapelle Gilles Binchois, Guillaume du Faÿ ou Josquin des Prés-, reliques, participation à la guerre de Crimée ou contrats de mariage de 1834, etc. Un document de 1804 permet de voir apparaître la trace laissée à Cambrai par un académicien originaire de Besançon, l’auteur Jean Baptiste Antoine Suard (1732-1817).

Le Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Genève 2019-2020, n° 46 présente, et ceci peut intéresser le chercheur jurassien, les étapes historiques de la constitution du fonds de l’Armorial de Savoie publié par Amédée de Foras et ses successeurs. Vous trouverez aussi dans d’autres articles de cette publication, une réflexion sur la constitution mémorielle qui s’établit à Genève au XVIe siècle autour du protestantisme, une étude pertinente de l’histoire des « billets semés en ville » au XVIIe siècle à Genève (les dénonciations anonymes collées sur les murs de la ville et les conséquences judiciaires qui en découlent) et les événements genevois liés à la période révolutionnaire autour d’Auguste Pictet. Un article traite enfin d’un épisode qui pourrait paraître anecdotique, celui d’une famille qui s’adonne aux tables tournantes au milieu du XIXe siècle, mais dont l’historien présente à la fois les motivations civiles et religieuses, les conditions sociales qui déterminent à son avis le développement de cet épisode et leurs conséquences dans la cité après 1850.

Les Annales fribourgeoises, vol 83, 2021, présentent un dossier thématique traitant de l’histoire de l’industrie laitière dans le canton de Fribourg avec des articles abordant le rôle de l’État et celui du progrès technique, les particularités des paysans-horlogers avec, là encore, l’importance du rôle de l’État. Un article traitant de l’origine qualifiée « d’incertaine » des fruitières du Jura apporte une contribution complémentaire à ce problème historique -aussi majeur que récurrent ! On retiendra parmi d’autres apports savants de cette publication, l’évocation d’un carnet familial de remèdes empiriques de la première moitié du XIXe siècle, dont l’exploitation individualise mal, et c’est dommage, la part vétérinaire et la part humaine. La mise en évidence des Fribourgeois dans l’exploitation d’almanachs parisiens, la richesse documentaire d’un fonds de cartons d’invitation d’un ambassadeur helvétique, la numismatique en corrélation avec l’accueil des « Bourbaki » en 1871, et la publication de deux « canons de paroisse », mortiers festifs religieux, donnent aussi l’occasion de découvertes.

Dans les Actes 2020 de la Société jurassienne d’émulation, vous trouverez, outre les classiques chroniques littéraires, des pages concernant les fritillaires pintades en limites du Doubs et du Jura suisse, le diagnostic fonctionnel d’un marais, une présentation des lépidotes, poissons broyeurs du Jurassique jurassien, et une analyse micro historique du laboratoire souterrain du Mont-Terri. Dans les pages d’histoire, un article concerne l’activité d’un curé en retraite à la forte personnalité pendant la Grande Guerre, l’abbé Daucourt, les différentes étapes des façades peintes d’un café dans un bâtiment remontant au XVIe siècle à Délémont et la biographie d’un prêtre missionnaire du XXe siècle. Notre collègue Nicolas Vernot présente un important fichier héraldique du Jura suisse dont l’étude lui a été confiée. À noter aussi la très courte présentation d’images d’un ex-voto du début du XIXe siècle à l’occasion de la publication d’un accident écologique récent, le débordement et les fuites survenues dans une fosse enterrée garantie par les spécialistes sans aucun risque trente ans auparavant.

Le Bulletin de l’Institut archéologique Liégeois, t CXXV, 2021, apporte des informations neuves concernant la cathédrale ottonienne de la ville et d’autres, documentées grâce aux archives, sur les restaurations dont a bénéficié l’église Saint-Martin de cette même ville au XIXe siècle. Une dalle funéraire du XVIe siècle, les poinçons pour l’argent de Verviers, l’étude d’un bras reliquaire de cette ville et des publications concernant les mesures de taille de la pierre à Liège au XVIIIe siècle font chacun l’objet d’un article, comme la situation de Liège au cours de la guerre de Sept Ans. Mais c’est dans l’inventaire d’une collection d’objets en étain du musée qu’on trouvera la signalétique des poinçons non identifiés de maîtres potiers franc-comtois (p. 251) ainsi que la description d’une belle verseuse tripode de Charles-Antoine Gonelle, maître en 1758, à Besançon (p. 270).

NOTES de lecture par Jean Michel Bonjean des publications reçues par la SEJ d’avril 2022

Jean Michel, a adressé à l’intention des membres de la SEJ un exemplaire papier de sa publication intitulée Croix de missions et de dévotion en fer forgé, Plateaux du Jura. Il s’agit d’un ensemble de 44 croix de fer forgé, en général sur piédestal de pierre, qu’il a étudié avec infiniment de précisions et de connaissances techniques. Croix publiques, souvent devant l’église, croix de cimetière, croix de carrefour. Il met en évidence tous les détails de la construction bi ou tridimensionnelle que le travail du fer forgé permet entre 1750 et 1850. Il s’intéresse à la croix elle-même, mais aussi à ses consoles, ses fleurons et ses ornements et à son piédestal. Bien que malheureusement dénuée de tout contexte documentaire et archivistique, cette compilation, comme l’indique modestement l’auteur, est d’une belle qualité. A signaler que le dossier, en constante évolution, est disponible sur son site (http://michel.jean.free.fr/croix.html).

De nombreux articles de nature généalogique dans Haute-Saône SALSA n° 115, sept-déc 2021 (un lieu-dit à Fougerolles, le Marteroy à Vy-lès-Lure, l’origine du blason franc-comtois, la famille de Molay) précédent une présentation de la famille Boully et des forges qu’elle a exploitées dans toute la Haute-Saône entre 1725 et 1830. Un article traite dans ce même volume des Dames et jeunes filles royalistes et de leur militantisme en Franche-Comté dans le 1er tiers du XXe siècle.

Les Travaux du Centre beaunois d’études historiques, t. 39, 2021 présentent une importante étude autour de l’eau dans la ville de Beaune, ville qui, comme la plupart de nos villes de province, a bénéficié d’un riche corpus documentaire en général lié à des procès et des règlements. On s’attache non seulement aux sources d’eau potable et à leurs parcours, mais aussi aux eaux de loisirs, de commodité et de service, public ou privé, et aux eaux usées. Beaune et la guerre de 1870-71, l’histoire du seul bagnard local répertorié, le sous-secteur FFI de Beaune en 1944 -article comportant de nombreuses illustrations et de documents issus d’archives familiales qui mériterait peut-être une confrontation avec d’autres sources-, la carrière politique du maire  Roger Duchet, qui fut aussi ministre à droite, et l’expérience d’une opposition communiste sont chacun l’objet d’une présentation de qualité. Enfin, c’est dans le parcours jurassien détaillé d’un jeune soldat beaunois qu’est relaté son séjour au Fort des Rousses à l’automne 1915.

Le Bulletin de la Société académique du Bas-Rhin, tome CXXXIX, 2021 est entièrement consacré à « l’architecte Fritz Beblo et le Heimatschutz à Strasbourg ». Cet architecte municipal dont la carrière entre 1903 et 1918 a permis de donner à Strasbourg l’image qu’elle montre encore en grande partie s’inscrit dans le mouvement régionaliste qui se développe dès la fin du XIXe siècle dans plusieurs pays d’Europe. A Strasbourg, cette modernité relative doit faire la part de la francophilie et de la germanophilie qui ont alors cours. Cette période charnière de l’architecture locale est examinée avec soin par l’auteure dans toute la complexité de la situation.

Dans le riche Bulletin de la Société archéologique de Sens, t. XII, 2021, un article intéressera les Jurassiens, celui qui concerne un rouleau de prière manuscrit du XVsiècle orné d’enluminures conservé à la Bibliothèque municipale de Sens. Son étude a permis à l’auteur de l’article de le mettre en relation avec Antoine de Luxembourg, père de Philiberte de Luxembourg et grand-père de Philibert, prince d’Orange. Les autres articles du recueil traitent de littérature pratique -les Sibylles médiévales, deux manuscrits arabes conservés à Sens, Marcel Proust et la tapisserie d’Esther-, de biographies – un curé janséniste au XVIIIe siècle, l’inventaire après décès d’un archevêque -, d’histoire économique – une bonneterie à la fin du XVIIIe siècle, la maîtrise des Eaux et Forêts de Sens sous l’Ancien Régime, une tuilerie de la fin du XIXsiècle qui fabrique des arêtes de voûte ecclésiales, la poste locale. L’orgue de l’église, la répression de la Résistance en 1944 et le séjour temporaire de Michel Butor à Sens sont l’objet de courtes communications.

Le sommaire du Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, 2018/2019, n° 156 permet au lecteur de découvrir des curiosités patrimoniales dans quelques églises de l’Yonne et des précisions au sujet des constructions de l’abbaye de Pontivy. La campagne d’Égypte est évoquée par une biographie locale, comme la colonisation du Maroc par celle d’un administrateur qui y perdra la vie. Une sociologie sur le long temps des habitants du village de Bassou, les médecins autour de la naissance du roi de Rome, et les représentations figurées de la loi et de la justice dans les faïences de l’Auxerrois occupent d’autres articles ; de même que la présentation de quelques poèmes bonapartistes du XIXe siècle permet de présenter la politique de leurs auteurs locaux. D’autres articles reprennent des sujets déjà traités en rapport avec ce département.

Dans sa publication 2021-7, la Société d’histoire de Lyon, présente les techniques curieuses et les personnalités lyonnaises oubliées ou mal connues des XIXe et XXe siècles. Un très large sujet est ainsi présenté, savants, directeurs de musée, comme Étienne Rey, dont on vient de redécouvrir les talents d’artiste, ou Pierre Clerjon, ou des médecins modernes, comme Pravaz, l’inventeur dont le nom reste encore de nos jours attribué à un système d’injection du XIXsiècle. Pour cette époque, deux chapitres importants sont abordés : l’un concerne l’homéopathie, introduite très tôt à Lyon, l’autre la figure de Julie Victoire Daubié, saint-simonienne qui trouva dans cette ville la possibilité qui lui avait été refusée ailleurs de devenir la première femme bachelière française. Pour le XXe siècle, le choix des auteurs s’est porté de façon beaucoup plus manifeste sur les inventeurs de haute technicité dont les découvertes et les innovations ont marqué le siècle industriel : automobile et voies navigables, techniques policières, médecine légale, optique, physique atomique, etc.

Lemouzy n° 228 (2021-2), comporte trois articles à caractère historique l’un sur l’histoire très complète du village et du site  d’Yssandon, depuis l’Antiquité, qui y a laissé de nombreuses traces, jusqu’au XVIIIsiècle ; un autre autour d’une pépinière expérimentale de repeuplement forestier du XIXe siècle qui s’est transformée maintenant en un arboretum ; le troisième étudiant de façon originale la présentation de sites industriels corréziens à partir de l’enregistrement à Paris des société anonymes, que l’auteur confronte aux images nombreuses extraites des cartes postales des environs de 1900 les concernant. Les autres publications tiennent à la langue corrézienne et au folklore local.

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