Juin 2021

NOTES de lecture

Publications reçues par la SEJ et disponibles à la médiathèque de Lons, par Jean Michel Bonjean 

Le Jura

NOTES de lecture

Publications reçues par la SEJ par Jean Michel Bonjean 

Il y a de multiples renseignements à découvrir à la lecture de Patrimoine Polinois , n° 35, 2020, depuis la présentation des circonstances du rattachement au XIIIe siècle du sol à la France, jusqu’au recensement des noms de lieux du territoire de Poligny expliqués par leur étymologie, et l’étude statistique de la population entre les deux guerres. La biographie tout à fait neuve de la famille Ligier est suivie de la présentation de la personnalité du capitaine Magnien. A ces figures de Polinois notables, la publication joint les souvenirs personnels d’une vieille habitante du quartier des Boussières, la description peu commune de la gestion d’un établissement de bains privé et la présentation d’un instituteur et de son école entre 1899 et 1932. 

Dans Bulletin de la maison du patrimoine d’Orchamps, 2021, n° 40, on trouvera la présentation des tapisseries de Salins, l’histoire de l’école à Our, une description de restes de fortification à Ougney et à Rochefort et deux pages sur les peintures murales de l’église de Rainans dues au talent de Pierre Pfister (1895-1963) présentées par S de Vesvrotte.

Dans la nouvelle parution du Bulletin annuel n° 44, 2021 des Amis du Vieux Saint-Claude,un dossier autour du vêtement et du textile contient une publication précise et neuve sur la filature de coton de Saint-Claude, la biographie d’un Reffay, maître-ouvrier en soierie à Lyon, des précisions bienvenues sur les fusaïoles modernes et la présentation des sources iconographiques utilisées par Pidoux de la Maduère pour d’anciennes publications à ce sujet. Une petite compilation sur les pèlerinages à Saint-Claude au XVIe siècle est suivie d’une présentation fouillée de l’histoire de la commune de Cinquétral sous la Révolution.

Le Jura Français, n° 328, nov-fév 2021, en même temps qu’est annoncée « pour des raisons de coût financier », la très triste suppression prochaine des supports-papier, publie, parmi les articles habituels, l’évocation de belles pages de la vie culturelle comtoise d’où se détachent la présentation des sites à pistes de dinosaures locaux, un original travail sur la relation du pape Innocent XI avec les Comtois de Rome à la fin du XVIIe siècle et surtout une belle présentation du milieu des libraires à Besançon au début du siècle suivant sous la plume de Michel Vernus.

Autour des archéologues lédoniens (S. David, D. Billoin, N. Bonvalot, J. L. Mordefroid, F. Passard-Urlacher), le Centre jurassien du patrimoine, édite Dans le Jura roman, Premières églises(don). D’une grande richesse d’informations, ce petit volume établit un point indispensable sur les connaissances actuelles de cette rare merveille de notre département que sont les édifices religieux du haut Moyen Âge. En trois parties, les auteurs présentent successivement les traces certaines de l’implantation chrétienne avant l’an mil, puis insistent à juste titre sur les églises du XIe siècle, éléments majeurs et trop peu connus de la richesse départementale, pour aborder enfin les réalisations romanes du XIIe siècle. Ajoutons que les illustrations contenues dans ces 140 pages magnifient encore aussi bien leurs propos que les architectures. Une publication indispensable à ceux qui les redécouvriront.

Dans Haute-Saône SALSA n°112, sept-déc. 2020, une mise au point sur le titulaire d’un blason problématique, l’attention justement attirée sur un modeste mais peu connu élément du patrimoine, les méridiennes d’horloger, la biographie du vésulien Auguste Gauvain et l’étude d’un foyer protestant en Haute-Saône dans la première moitié du XVIIe siècle accompagnent l’émouvante présentation du comportement des enfants dans la tourmente de la première guerre mondiale.

Dans la Revue d’Histoire religieuse des Pays de l’Ain, n° 14, 2019 (Société nouvelle Gorini), des articles variés présentent des travaux locaux (Histoire des Cordeliers à Bourg, L’église de Neuville-les-Dames, les Paroisses de Boyeux-Saint-Jérôme au XIXe s) et deux travaux d’encore plus vaste envergure (l’un s’intéressant aux hôpitaux de la Guerre de 14-18 dans l’Ain, l’autre à l’existence du diocèse de Belley). Par ailleurs, c’est une belle recherche sur Le vitrail religieux au XIXe siècle dans l’Ain qui, par son originalité et l’importance des sources et du corpus utilisés, retiendra l’attention du lecteur.

Les Travaux du Centre Beaunois d’études historiques, t. 38, 2020 offrent à la lecture un épisode des tribulations d’un missionnaire en Chine vers 1700, donnant à l’auteur l’occasion de revenir sur la compétition, parfois terrible, entre les missionnaires de la rue du Bac et les Jésuites à cette époque, et une présentation des personnalités diverses de trois avocats bourguignons députés en 1789 et de leur parcours. Un travail s’intéresse, grâce à des documents bien connus concernant la confrérie Saint-Sébastien de Bligny-sur-Ouche à ses deux caractéristiques initiales (entre-aide aux confrères, prières antipesteuses) auxquelles s’ajoutent la direction des sociétés de tir à l’arc avant la Révolution et, au XIXe siècle, une importante participation paroissiale. Un étonnant recueil manuscrit de chansons datant de 1862, l’histoire d’un champion olympique marathonien, bourguignon et alcoolique et le souvenir d’un groupe de soldats indochinois morts au combat en 1940, sur ordre, pour retarder l’avance ennemie font chacun l’objet d’un article.

Des Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, t. LXXXVIII-2020, outre une très importante exploitation bibliographique de la publication de 1588-89 des Meslanges Historiques de Saint-Julien de Balleure, ouvrage rare et bien connu dans lequel quelques noms comtois apparaissent, on retiendra la description archéologique d’un atelier de fondeur de l’âge du bronze final et quatre études précises sur l’évolution des édifices du vieux Chalon au cours du temps.

A lire aussi, Lemouzi, n° 226 (2020-2) qui traite d’un peu d’archéologie (silex moustériens, monnaies antiques). Une enquête sur les productions de jouets en bois par un établissement d’aide aux blessés de la Grande Guerre montre que le Jura n’est pas le seul fabriquant de ce type de jouets au XXe siècle. Avec la publication de deux journaux intimes, on participe, dans l’un, à une plongée dans la vie quotidienne d’un curé qui, entre 1880 et 1904, combat dans sa paroisse, pied à pied, l’influence des hommes de la République -et on est surpris de ne pas trouver dans son journal ni la moindre compréhension de l’institution des lois, ni la trace d’une défense du prêtre de la part de son évêque- tandis qu’un autre article rapporte le journal d’un voyage de Brive jusqu’au Mali à l’occasion d’un convoi humanitaire en 1985 par un ancien « colonial » ; là encore toute une vision d’un monde, pourtant pas si lointain, a changé. A noter enfin la biographie d’un historien contemporain par un de ses élèves qui m’a semblé être un véritable assassinat !

La Société d’histoire de Lyon, 2020, sous le titre Lyon, techniques curieuses, figures et sciences oubliées sous l’Ancien Régime, met en lumière un grand nombre de savants et de découvertes en relation avec la ville. Certes aucun des noms cités ne semble avoir laissé sa trace dans l’histoire des sciences comme aucune des découvertes décrites n’est réellement passée à la postérité. Mais cette modestie même, outre qu’elle raconte avec précision et probité une large partie de la vie savante de la ville entre 1600 et 1850, permet d’attirer l’attention du curieux, mais aussi du chercheur, sur le rôle des sciences exactes et mécaniques au plus près des habitants de cette grande cité et de l’intégration de ses savants dans la vie urbaine.

Le Bulletin n° 11-12, 2018-2019 de la Société neuchâteloise de géographie, présente un dossier intitulé la multirésidentialité en question, dossier qui permet d’envisager la problématique sous des aspects aussi différents que celui de l’envahissement du territoire suisse par les résidences secondaires, de la double résidence dans la littérature jeunesse, chez les retraités mobiles du désert de l’Arizona ou dans la population bushinenguée de chaque côté du Maroni. D’autres questions sont abordées dans cette publication : le développement maraîcher au Burkina Faso, l’eau en zone touristique de montagne, les déchets solides au Cameroun ou l’urbanisation informelle à Delhi.

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