octobre 2019

Notes de lecture :

Publications reçues par la SEJ et disponibles à la médiathèque des Cordeliers à Lons, par Jean-Michel Bonjean 

Jura et Franche-Comté

La revue Les carnets de Guillaume, Culture et mémoire au pays de Saint-Amour, année 2019, contient de nombreux articles d’histoire locale : petite histoire du Pavillon de la Chevalerie de Saint-Amour depuis sa création jusqu’à nos jours, une révolte populaire à Nanc en 1757 ou une affaire de faux-monnayeurs en 1791 sont clairement mis au jour. Mais aussi des documents tout simples, des listes d’habitants ou des morts de la Guerre de 1914-18 permettent, au sein de publications parfois modestes mais bien utiles, de connaître la vie quotidienne au cours des ans.

La feuille de liaison de l’Association scientifique et historique du Pays de Salins-les-Bains,   du printemps 2019 présente deux rapides biographies de Christian de Mérona et de Pierre Jeandot à l’occasion du 40ème anniversaire de leurs décès et le résultat d’une enquête pertinente de Marie-Claude Fortier concernant le titre du tableau de Courbet connu sous le nom de « Paysans revenant de la foire de Salins ».

Deux articles neufs à lire dans la revue Musiques mécaniques vivantes, n°110, avril 2019 (don) : l’un de Marc Forestier qui met au jour la double généalogie et la biographie des deux cousins du même nom, David Missilier, originaires du Haut-Jura, et qui firent une carrière au succès variable dans la mécanique de boîtes-à-musique au XIXe siècle ; l’autre de Jean-Marc Lebout qui recense les  connaissances sur ces précieux mécanismes et répertorie les caractéristiques propres aux deux fabricants.

Haute-Saône SALSA n° 107, janv.-avril 2019 traite des conférences royalistes en Haute-Saône en 1927 et 1928, de l’installation des facteurs d’orgues Callinet à Vesoul et de leurs œuvres dans la région, du passage des empereurs russes et autrichiens à Lavoncourt en 1815 et fait la présentation des lieux de résidence à Pesmes de familles de notables d’Ancien régime. Mais un article très original traite aussi de la pêche, de ses techniques, de sa riche nomenclature et de ses délits dans le département.

Après la présentation d’un très bel ouvrage, une Bible de Luther de 1570 acquise par la médiathèque de Montbéliard et un exposé sur les routes de cette agglomération entre 1780 et 1815, les Bulletin et Mémoires de la Société d’émulation de Montbéliard, n° 141, 2018 présentent la biographie du fondateur du musée de la ville, Louis Beurnier. Même si ce médecin n’apparaît pas comme une personnalité particulièrement sympathique, accumulant les travers des professionnels de son temps, on retiendra son passage, enfant, à Lons-le-Saunier où son père est nommé, en 1865, Vérificateur de l’Enregistrement. Les articles contenus dans la suite de l’ouvrage concernent un de ses contemporains intéressants, Julien Mauveaux, la publication d’une recherche riche d’enseignements curieux et d’informations nouvelles sur les travailleurs étrangers au temps de la Grande guerre en pays de Montbéliard, la fonderie de Sochaux. Quelques documents patrimoniaux sont ensuite présentés : le « Fondement » de Menno Simons de 1575, une retranscription de la découverte de la Russie en 1842-46 par un instituteur privé, la perte d’un sous-marin en 1910 et des personnalités locales -les industriels Peugeot et Japy, Paul Langevin, Heinrich Schickhardt- sont mis en lumière.

Le Jura Français n° 322, avril 2019 comporte plusieurs articles d’intérêt. Michel Vernus traite des relations entre l’écrit et l’oral dans les campagnes du XIXe siècle jurassien ; la poursuite du dossier ouvert dans les précédentes livraisons des Comtois à Rome permet de passer en revue les carrières du peintre Jacques Courtois et du sculpteur Antoine Grandjacquet à l’activité si variée ; deux camériers du Vatican font aussi l’objet chacun d’un article : Pierre-André Pidoux et Pierre Pfister à côté de la nécrologie du colonel Dutriez.

La publication des Mémoires de la Société d’émulation du Doubs,n° 60, 2018 comporte un ensemble de textes traitant des notables locaux au cours des âges : l’ameublement des châteaux de Guillaume d’Estrabonne au XVe siècle, la biographie d’un Trésorier des guerres de Charles le Téméraire, différents aspects biographiques et professionnels de l’Intendant Lacoré. Dans la même veine, une réflexion préfectorale sur la recherche d’identité de la nouvelle Bourgogne-Franche-Comté accompagne l’activité d’un important architecte du XIXe siècle, Marnotte. Le lecteur trouvera aussi un essai novateur sur l’établissement des Juifs dans le Comté de Bourgogne et une étude sur la météorologie et le climat dans le Vignoble à la fin du Moyen Âge.

France

Parmi les nombreux textes académiques publiés dans les Annales de l’Académie de Mâcon, t. 12-Travaux 2018, les jurassiens pourront trouver un intérêt particulier à certains. Ainsi celui concernant Jean de Watteville, l’abbé de Baume-les-Messieurs, comporte en particulier une généalogie précieuse et une étude brillante de sa carrière militaire, religieuse et politique.  De même l’article concernant Valentine de Saint-Point -en fait Valentine Desglands de Cessiat, qui fut un temps épouse de Charles Dumont- comme celui évoquant l’affaire de Pierre Vaux, instituteur martyr républicain de 1852, s’ils ne concernent pas directement notre département, méritent qu’on y consacre quelques instants. La publication comporte d »autres articles à ne pas négliger.

Le lecteur ne peut que remarquer la précision des publications du t. 36 pour 2018 des Travaux du Centre beaunois d’études historiques qui présente la publication de la polychromie des  stèles funéraires gallo-romaines du musée local (avec une remarquable bibliographie), les pratiques et évolutions du droit de grâce des ducs de Bourgogne au XVe siècle et d’autres articles d’intérêt local – la pratique viti-vinicole ou Beaune dans la Grande Guerre. A noter cependant, trois articles plus originaux : la pratique des fiches dans le 16 e régiment de chasseur à cheval à Beaune après le scandale parisien de « l’Affaire des fiches », la présentation d’une hypothèse bien construite du choix de l’appellation « Côte d’Or » pour le département en 1790 et, encore plus nouvelle, l’histoire de mai 1968 à Beaune.

Les nombreuses contributions publiées dans le tome 126-1 (2018) du Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de Semur-en-Auxois et des fouilles d’Alésiapermettent de mieux connaître l’histoire locale et le patrimoine de la région. Des personnalités locales, y compris Bussy-Rabutin dont des lettres inédites sont exploitées apparaissent. Une belle étude présente les aspects du style gothique terminal et la présence des éléments du néo-gothique dans les constructions locales. Un peu d’archéologie, quelques éléments des conséquences locales de la Grande Guerre et la présentation du site de Chateauneuf complètent l’ouvrage. A signaler aussi l’apparition dans ces pages d’une photographie du plafond du théâtre de Lons-le-Saunier dans un article consacré au peintre Henri Collin et au théâtre de Semur-en-Auxois.

Le tome 126-2 (2018) de ce même Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de Semur-en-Auxois et des fouilles d’Alésia, passe en revue, dans une belle série d’articles copieusement illustrés, la richesse de l’histoire des routes en Auxois à l’époque moderne ; routes caractérisées par leur lien avec Paris, mais aussi routes dont les tracés et les aménagements varient en fonction des périodes, des moyens de locomotion et des usages. On retiendra l’implantation des messageries et des relais de poste -structures légèrement différentes de celles du Jura, département frontière contrairement à l’Auxois, situé en pleine Bourgogne- mais aussi la richesse des bornes résiduelles d’Ancien Régime ou du XIXe siècle que la région comporte encore.

Tous les articles contenus dans le dernier Bulletin de la Société Dunoise n° 309, 2019, méritent d’être étudiés de près tant ils composent un ensemble exemplaire des travaux d’une société savante provinciale et, par là même, essentiel. De l’archéologie aérienne à l’exploitation des artefacts de l’Antiquité conservés, de l’analyse fine des miniatures d’un livre d’Heures du XVe siècle à la publication d’un modeste mobilier urbain -les traces laissées dans la ville et dans les archives d’un local protestant éteint au XVIIe siècle à la suite de la révocation de l’Édit de Nantes, les heurtoirs de porte, une collection de gaufriers d’Ancien Régime-  jusqu’à un patrimoine industriel -la liqueur dunoise- ou religieux -mobilier d’église, avatars d’un pèlerinage encore vivant-, tous les textes de première main permettent de mieux connaître le pays et la vie des habitants autour de Chateaudun. L’exploitation exhaustive d’une activité socio-économique du Dunois au XIXe siècle permet même de rencontrer un patronyme jurassien inattendu, celui d’un Moreau de Favernay, dans le Perche en 1833.

La Lettre de la Société d’Histoire de Lyon 2018, n° 6-7 comporte deux articles de première main, l’un traitant des vitraux d’Eric de Saussure, frère de la communauté de Taizé dans la maison des Dominicains de la place Gailleton, l’autre, fort conséquent et aussi remarquablement documenté s’interrogeant sur la possibilité qu’Augustin Dandricourt, maître de musique à Lyon et à Brioude, soit le fameux M. de Sainte-Colombe. A la suite, une belle bibliographie des publications contemporaines concernant le Lyonnais, y compris l’analyse de nos Travaux.

Dans le Bulletin de la Société académique des Antiquaires de la Morinie, t. XXIX-mars 2019, on fait connaissance avec la raison d’être et le fonctionnement de l’hôpital Saint-Jean-Baptiste d’Aire-sur-la-Lys, hôpital urbain au milieu du XVe siècle ; on poursuit l’histoire du village d’Ecques sous la Révolution et on passe en revue celle des instituteurs et institutrices de Roquetaire entre 1789 et 1930. Un petit dossier sur une borne épigraphique abandonnée, mais bien documentée, et un article de musicologie concernant l’organiste-compositeur Maurice Linglin complètent le volume.

L’ouvrage de Cécile ELBEL, « Les synagogues de Strasbourg », Société académique du Bas-Rhin, t. CXXXVIII, 2019, contient l’historique ces synagogues de Strasbourg établies dans la ville depuis la loi d’émancipation des juifs de 1791, jusqu’à la destruction par l’occupant nazi en 1941 de la grande synagogue du quai Kléber, suivi de la présentation de l’actuelle synagogue de la Paix, établie en 1957-58. Un chapitre important s’intéresse à la symbolique présente dans l’architecture du nouveau bâtiment.

Parmi la grosse centaine de pages qui constituent le Bulletin de la Société d’émulation d’Abbeville,2019, deux articles attirent l’attention, tous deux liés à l’histoire de la gravure et du livre où cette ville excella : l’un traite des graveurs d’Abbeville dans le fonds ancien de la bibliothèque de la ville, l’autre des ex-libris des archives et de cette même bibliothèque. Parmi les divers comptes rendus de communications, notre région retiendra l’évocation de l’écurie des ducs de Bourgogne Philippe le Bon et Charles le Téméraire, celle des stalles du XVe siècle de l’Abbaye de Saint-Martin-aux-bois et celle concernant sociétés savantes et fondation de musée dans lequel l’exemple de Lons-le-Saunier est évoqué par J L Mordefroid.

Dans le très fort volume des Mémoires de l’Académie de Dijon n°149, pour 2015-2016, un ensemble de textes présente, autour de Mistral, sa famille dijonnaise (sa femme), l’intérêt du Trésor dou Felibrige pour le linguiste d’aujourd’hui et la part de l’héritage de Frédéric Mistral dans les installations muséographiques bourguignonnes jusqu’à Georges-Henri Rivière. Un autre ensemble de texte regroupe ceux évocateurs des Bourguignons et de la Grande Guerre, tandis que la publication de Mémoires traitent de sujets aussi variés que possible : personnalités locales, institutions bourguignonnes, l’Encyclopédie, etc. Anecdotique mais trace unique du Jura dans tout le volume, la présence d’une Jurassienne autour de Mistral (p. 205), Louise Dornier, l’amie-amante de Marie Bertrand, est née à Damparis.

La livraison de Lemouzi, n° 223 (2019-1) est entièrement occupée par l’important travail, très soigneusement documenté, de Gilles Quincey. A travers l’aventure de l’imprimerie Crauffon et du journal le Corrézien, c’est toute la vie sociale, économique, politique de ce département pendant tout le XIXe siècle qui est mise au jour.

Le volume de la Bibliothèque de l’École des Chartes, t. 172, 2014 comporte deux ensembles très savants, l’un concerne les études réunies autour d’« Écrire pour Saint-Denis » et traite des documents conservés de cette abbaye depuis l’époque carolingienne jusqu’au XVe siècle, l’autre « Écrire à Saint-Germain-des-Prés » de ceux du domaine et du quartier du XVIe au XIXe s. avec une part belle pour les écrits notariaux.

Etranger

Entièrement consacré à des recherches locales, le Bulletin de l’Institut archéologique Liégeois, t. CXXIII 2019, permet d’apprécier la complexité des renseignements fournis par le croisement de l’archéologie et du documentaire apporté par l’écrit dans l’histoire de la cathédrale de Liège. Ce bulletin s’intéresse aussi à d’autres domaines patrimoniaux : la présentation du château de Haltine, celle d’une tour d’église du XIXe siècle, d’un jardin palatial, d’une dalle funéraire accompagnent une belle étude sur le poinçonnage de l’argenterie liégeoise au tournant de la Révolution française. De même la biographie fouillée d’un préposé des États de la principauté, Jacques de Heusy, offre une mise au jour claire de la complexité de cette fonction à la fois douanière et diplomatique au XVIIIe siècle.

Dons :

Pierre Merlin a repris, dans un volume intitulé « La formation d’une opinion démocratique » (aux Presses universitaires de Franche-Comté) l’ensemble de ses textes parus dans nos volumes sous sa plume, textes qui forment un ensemble remarquablement homogène. L’idée démocratique dans le Jura depuis la révolution de 1848 jusqu’à « la république triomphante » , vers 1895, en constitue un fil rouge que le lecteur suit avec beaucoup de plaisir. Les textes ainsi présentés y gagnent une clarté que l’abondance des renseignements fournis n’occulte pas. Un livre à relire (cet été) d’autant plus important qu’il est enrichi d’une introduction explicite et suivi d’un index des hommes et des lieux ainsi que d’une bibliographie fort utile.

Le document  signé Stéphane Guyot, Thierry Pasteur, Valbert Pique, Le château de la Chaux-des-Crotenay, fouilles archéologiques 2012-2015, éd. ArchéoJurasites 2016, présente le résultat scientifique des fouilles entreprises en 2012-2015 sur le site du château de La Chaux-des-Crotenay, mettant au jour la structure du bâti et en particulier celle de la bien originale porterie de l’édifice. Cette présentation est complétée par celle du trajet des familles propriétaires du lieu et de leur insertion dans l’histoire comtoise.

De Sébastien Evrard, « Entre Bleus et Chouans, une justice aux armées en action », tiré-à-part de la Revue historique et archéologique du Maine, t. CLXVI, 2017 . C’est un article traitant, à partir d’un document découvert par l’auteur, des éléments propres à la justice militaire en Vendée entre 1793 et 1795.

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